Peut-on danser à Auschwitz?

L’artiste australienne Jane Korman a visité les camps de la mort en compagnie de son père de 89 ans, Adolek Kohn, survivant d’Auschwitz. Elle a réalisé sur place une vidéo joyeuse, « Dancing in Auschwitz », où l’on voit le vieil homme danser sur la musique de « I will survive » de Gloria Gaynor, en compagnie de ses petits-enfants portant l’étoile jaune ou des T-shirts « Survivor ». La famille se déhanche devant diverses installations du camp d’extermination, ainsi qu’à Dachau et dans le ghetto de Lodz.

L’article publié sur rue89 est disponible en intégralité ici.

Et la vidéo:

Des membres de la communauté juive ont critiqué la vidéo, la jugeant de très mauvais goût.

Je me souviens qu’au moment où j’ai visité Auschwitz en 2004, j’ai trouvé dans le silence le meilleur moyen de commémorer l’horreur et d’y faire face. Pourtant, j’ai été profondément émue par la vitalité de la vidéo qui me fait l’effet d’un véritable pied de nez…

Et vous, qu’en pensez-vous?

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5 réflexions sur “Peut-on danser à Auschwitz?

  1. Comme je le disais à une amie qui a posté cette vidéo sur Facebook, je pense que ça pourrait peut-être être déplacé si elle l’avait fait avec des acteurs ou même des gens ordinaires n’ayant pas connu les camps. Par contre, là, c’est très touchant PARCE QUE c’est un survivant. Il a le droit de danser sur I will survive à Auschwitz, il l’a bien mérité, c’est comme une petite revanche.

  2. Et c’est d’autant plus touchant, d’autant plus légitime, comme performance, du fait que le survivant danse avec ses petits-enfants: c’en fait la preuve que l’homme n’a pas seulement « survécu ».

    Si ce n’était du cadre relativement puéril de la musique disco, qui vient alléger tout ça (ouvrant la porte aux moeurs sensibles qui verraient dans ce choix musical une sorte de cynisme débile), il serait facile d’établir un lien entre cette danse et une quelconque célébration païenne (ou spirituelle) de la tragédie. Je m’y connais pas du tout, mais y a plein de peuples qui possèdent tout un folklore liant la danse et la mort, la danse et l’hécatombe, etc.

    Ça me paraît comme un autre exemple de ces problèmes que nous ont amené l’ironie et le cynisme tant privilégiés dans les arts et la culture des dernières décennies : le premier degré est désormais toujours perçu comme étant suspect!

  3. William,

    1. Je trouve que le motif de l’icône te représente très bien 😉

    2. C’est vrai ce que tu dis. Vous parliez d’ailleurs déjà du folklore liant la danse à la mort sur Twist n’serve cette semaine.

    3. Et quand on regarde le premier degré, man, le gars danse sur « I will survive » avec ses petits-enfants. Déjà, le titre de la chanson est éloquent, mais juste le fait de danser… C’est ce que je trouve tellement touchant. Il revient à l’endroit où on l’a condamné à mort pour crier qu’il est vivant.

    Je ne fais que penser à l’émotion qu’il a pu ressentir et je suis tellement émue, ça a pas de bon sens.

    Et le moment où son petit-fils le prend par l’épaule après qu’il ait fait un pas de danse… J’en ai des frissons!

  4. Je me dis que dans quelques centaines d’années, des chercheurs tomberont sur cette vidéo et traiteront ce document comme on traite aujourd’hui les traces de rituels païens ou folkloriques de peuples plus ou moins anciens.

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