Le rien

En fin de semaine, Foglia publiait dans La Presse et sur cyberpresse (où je l’ai lue) sa chronique «Expliquez-moi ce rien». Je le cite :

[…] Coeur de pirate twitte. En rentrant je me mets au yoga (30 juillet) – J’ai pas encore mangé de frites en Belgique mais demain je le fais (25 mai) – Je fais une cure de tournée: pas de café pas d’alcool pour un mois (8 juillet) – Cette semaine je fais trois fuseaux horaires différents (4 février) – Now back à Montréal pour 24 heures (14 septembre).

C’est ici, amis lecteurs, qu’il faut m’expliquer la nature de ce rien qui m’échappe totalement, de ce rien qui est 90% de ce qui s’écrit dans les médias sociaux.

Expliquez-moi pourquoi l’intime le plus plat, en cela qu’il est le moins intime qui soit, est en train de révolutionner les communications en 140 caractères? A-t-on à ce point besoin de ne rien se dire pour se reconnaître et s’apprécier?

photo : Mike Mogele

Personnellement, je ne suis pas une fan de Twitter, même si j’aime bien y jeter un oeil à l’occasion. Par contre, je passe beaucoup de temps à naviguer sur différents blogues et sur Facebook. Alors oui, je fais partie de ceux qui apprécient les médias sociaux.

Peut-être que c’est parce que je travaille de la maison, mais ma tournée quotidienne des blogues est devenue une routine et je le fais de la même manière que quelqu’un saluerait toujours les mêmes collègues le matin pour discuter de tout et de rien et de leur souper de la veille. C’est également une façon de découvrir des gens avec qui je partage des intérêts (rien d’étonnant à ce que les blogues que je lis religieusement soient tous tenus par des mères pigistes avec un sens esthétique qui me plaît) et qui deviennent une source d’inspiration pour mes projets personnels. Des gens de partout que je n’aurais jamais rencontrés autrement.

Ici, bien sûr, je parle davantage du blogue que des autres réseaux sociaux, même si je crois que Twitter ou Facebook peuvent permettre la même chose.

Tout ça pour dire que ce que Foglia appelle «le rien» est, pour moi, une rencontre avec le quotidien. Une façon supplémentaire d’entrer en contact avec les autres.

Et vous, qu’y voyez-vous?

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3 réflexions sur “Le rien

  1. Je pense que Foglia reconnaissait que certains blogues/profils facebook/comptes twitter contenaient du contenu (je me fais rire). Mais que c’est plus ou moins intéressant de savoir que coeur de pirate a mangé des pâtes aux asperges hier soir (par contre, si elle nous donne la recette, ça change tout. Il y a échange et le média social accomplit sa fonction).

    Personnellement, je suis très addict à Facebook mais (les amis, pardonnez-moi) j’ai moins de temps pour les blogues. Je fais des blitzs mettons une fois semaine. Ce que j’aime des médias sociaux (surtout facebook et aussi les forums) c’est l’effet de promenade. Ils permettent des parcours super fluides à travers l’information tellement nombreuses… Quand on a un bon réseau de contacts, on est souvent dirigé et guidé à travers des textes pertinents, et quand on continue à se promener de soi-même, c’est à partir d’un lieu nouveau. On sort de ces ornières et on découvre du contenu intéressant.

    S’ils nous aident à arriver plus facilement à l’information, les médias sociaux, inversement, font voyager aussi l’information. Comme si, en déambulant dans la bibliothèque, je voyais les livres qui me plaisent ou qui pourraient me plaire sortir des rayons pour m’accoster… C’est très dangereux !

    Je trouve que c’est seulement dans ce contexte de web 2.0 qu’on vraiment voir la pertinence de cette image cliché de l’autoroute de l’information. Il y a vraiment un double mouvement qui fait que le média internet prend une forme qui lui est propre et qui le place vraiment à part des autres médias.

    Mais bon, mon rapport avec tout a n’est pas que positif. Pour poursuivre dans l’analogie boboche : c’est dangereux de se retrouver dans des cul-de-sac, des vortex d’insignifiance, des loupes aliénantes. Combien de fois se dit-on devant l’ordi, qu’on a perdu l’intérêt, ou qu’on a fait le tour, mais on reste quand même, de peur de rater quelque chose ? L’infinité de possibilités que renferme le net, surtout vu par le filtre des médias sociaux, a quelque chose de très très angoissant.

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